Plongée commerciale contre plongée naturaliste : le divorce ?

Mis à jour : avr. 18

Bienvenue dans le meilleur des mondes du silence...

Nous savions déjà que la respiration sous-marine, au départ plutôt orientée vers l’exploitation des océans, n’avait ni une histoire, ni une tradition très portée sur l’écologie... Nous pouvions cependant augurer mieux de la plongée loisir en matière de connaissance et de respect de la vie aquatique. Car comment imaginer que mon moniteur de plongée, ambassadeur des océans, allait si brusquement se transformer en animateur de supermarché, et mon loisir favori en une nouvelle forme de pollution ?

Il y a 20 ans, la plongée loisir était essentiellement une question de passion. Moins de technologie, plus de technique et des associations de citoyens animées la plupart du temps par la curiosité, le respect de la nature et le partage de leurs connaissances. Puis l’industrie du divertissement est devenue la première activité économique mondiale devant l'automobile et le pétrole, s’appropriant au passage les rêves et les projets du monde associatif.

La plongée de loisir aurait-elle disparu si elle ne s’était, notamment en Polynésie, pliée si volontiers aux règles du marché ? Certainement, non. Mais ce faisant le monde de la plongée est aussi entré dans celui des faux-semblants. Un monde qui obéit à des lois étranges telles que : plus je plonge, moins je sais plonger, plus je découvre, plus je m'ennuie, plus ça a l'air vrai, moins ça l'est, etc. Et le passionné du monde marin est ainsi devenu un client à qui il ne reste plus, pour ne pas passer pour l’ « idiot du voyage », qu'à tenter de se démarquer de son voisin en espérant qu’il n’ait pas eu l'idée de profiter des mêmes soldes que lui.

Oui, le monde sauvage a beaucoup à nous apprendre. Non, il n'a pas été créé pour amuser les foules. L'industrie du divertissement, verte, bleue ou autre, en prétendant le contraire, est le moteur principal d'une domestication de l'altérité qui réduit des pays entiers au format de parcs d'attraction.

Ne colonisons pas un monde qui ne nous a rien demandé, apprenons à le connaître : l’émergence d’une plongée naturaliste et participative, liée à la connaissance et au respect de la faune et des populations, est une alternative tout-à-fait viable au concept actuellement dominant d’usine à plonger véhiculé par les idéologies commerciales.

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