Un monde en partage ?

Mis à jour : oct. 13




Pour la croyance capitaliste, aujourd'hui culte majoritaire et vérité révélée, la seule réalité écologique est celle qui prouve sa capacité à être traduite en graphiques, pourcentages et logarithmes boursiers.


Pour l'industrie touristique en particulier, aussi loin que possible de l'idée de voyage initiatique qui lui a donné naissance, la nature est devenue un décor, un terrain de jeu inspiré par Hollywood et Disney Industrie pour nous donner l'illusion d'être ce que nous ne sommes bel et bien pas. Combien d'entre nous se disent encore le matin en se levant "je vais à la chasse, car je dois me nourrir. Je vais en mer, en forêt ou même aux champs pour ramener de quoi manger. Je voyage pour mieux comprendre le monde dans lequel je vis" ?


La portion d'entre nous qui relationne avec le monde sauvage aujourd'hui ne le fait plus que pour gagner de l'argent, s'assurer d'un avantage ou d'une pseudo supériorité (à la manière de sales morveux écrasant des insectes ou torturant des animaux), s'acheter une conscience ou susciter l'admiration de ses voisins (voire l'intérêt des publicistes).


Arrêtons d'envahir le monde, de lui imposer notre façon de voir et de vivre! Arrêtons de tout vouloir manager, humaniser, comptabiliser, rationnaliser. Laissont sa place au bricolage, au hasard, au sauvage, à ce qui est différent, et à ce qui nous échappe. La moitié au moins de la planète devrait être totalement dispensée de notre présence. Ce n'est pas le cas, et nous vivons ainsi en direct une apocalypse écologique. Nous devrions en être épouvantés, mais la seule chose qui épouvante nos chers contemporains est un virus hypothétique qui les renvoie illico dans un tel moyen-âge mental qu'on est presque soulagé que notre sympathique espèce n'ait pas encore découvert d'où vient le vrai danger.


Car face à celui-ci, c'est d'intelligence, de courage, de solidarité et de rapprochement dont nous allons réellement avoir besoin, ceci quel qu'en soit le prix. Et non de cette bêtise, de cette lâcheté et de cette distance sociale dont on nous demande de faire preuve chaque jour avec une si déprimante insistance.


Il n'y a de déséquilibre que parce que nous le créons en prenant toute la place et en refusant la sienne à ce qui n'est pas nous. Il n'y a pas trop de nature, trop d'animaux sauvages, trop de virus, trop d'étrangers, trop de conspirateurs. Il y a seulement trop d'humain.




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