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G.E.M.M. - Groupe d'Étude des Mammifères Marins de Polynésie

 

LES PROBLÈMES DE DÉPRÉDATION EN POLYNÉSIE

La raréfaction de la faune marine en Polynésie entraîne une « course à l'armement » impliquant l'utilisation exponentielle de Dispositifs de Concentration de Poissons et l'augmentation du temps d'effort de pêche. Cela génère des problèmes de plus en plus aigus entre pêcheurs et mammifères marins, problèmes non-étudiés, inconnus du grand public et non pris en compte dans les politiques locales.

La déprédation par les mammifères et autres prédateurs marins tels que les requins, tortues ou calmars est définie comme l'enlèvement partiel ou total d'appâts ou de prises sur du matériel de pêche ou la capture de prises potentielles à proximité d'une ligne de pêche. Au niveau hauturier et depuis de nombreuses années, des capitaines et membres d'équipage de palangriers nous rapportent de manière aléatoire la présence plus ou moins régulière de mammifères marins à proximité des lignes de pêche ainsi que des cas de déprédation par des « globicéphales ». Un pêcheur marquisien témoigne même avoir accidentellement capturé un « globicéphale » sur une ligne de pêche. Les pêcheurs ont essayé de remonter l'animal à bord sans y parvenir et la rencontre s'est soldée par la destruction du matériel. Un capitaine de Tahiti nous rapporte également des rencontres régulières avec des « globicéphales » sur des zones de pêche au nord-ouest de l'archipel des Tuamotu, observations confirmées par la Direction des Ressources Marines et Minières qui, depuis quelques années, invite les équipages à retourner les cas de déprédations dues aux mammifères marins sur leurs fiches de pêche.

Espèces impliquées dans les problèmes de déprédation en Polynésie

Pseudorca crassidens
Globicephala macrorhynchus
Steno bredanensis
Grampus griseus
Grampus griseus
Steno bredanensis

Au niveau côtier, nous remarquons depuis plus de 10 ans la présence récurrente de différentes espèces de dauphins autour des Dispositifs de Concentration de Poissons de Moorea et Tahiti. Début 2012, un pêcheur de Paea nous expose son inquiétude quant à l'augmentation des problèmes de déprédation autour des D.C.P. de Punaauia, Paea, Papara, Atimaono et Teahupoo et à la réaction violente de certains pêcheurs vis-à-vis des cétacés voleurs d'appât et de prises. Un compte-rendu détaillé de nos entretiens et des sorties effectuées avec le pêcheur côtier a été rédigé en mars 2012 et remis aux autorités compétentes.

Au niveau mondial, la fausse-orque, Pseudorca crassidens, représente les deux tiers des espèces identifiées, tuées ou sérieusement blessées dans les pêcheries, dépassant à certains endroits les capacités de résilience des populations. On estime qu'entre 1994 et 2002, la pêche à la palangre hawaiienne a causé la mort ou des blessures sérieuses chez 48 cétacés par an, soit un individu tous les 250 sets (Cascadia Research Collective). Les globicéphales tropicaux, Globicephala macrorhynchus, ne sont pas en reste, puisque un déclin de leurs populations a également été constaté dans les eaux hawaiiennes. Ce problème est d'autant plus important que les taux de mortalité sont souvent sous-évalués, certains pêcheurs susceptibles de ramener des informations ayant peur des représailles. De plus, l'immensité de l'espace maritime polynésien requiert l'utilisation de moyens hors-de-portée d'une petite association locale. C'est pour cette raison que l'ensemble des acteurs institutionnels et privés doivent se saisir du problème car ne l'oublions pas, les cétacés sont protégés au niveau territorial par le Sanctuaire des Mammifères Marins de Polynésie. C'est en ce sens qu'une proposition d'étude et d'action a été remise à la Direction des Ressources Marines et à la DIREN de Polynésie par le G.E.M.M. au mois de mars 2013, sans réaction de la part des autorités locales.

 

Tursiops truncatus

 

 

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