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G.E.M.M. - Groupe d'Étude des Mammifères Marins de Polynésie

ACTUALITÉS

2 juillet 2018

RANGIROA 2018 : PREMIER ÉTAT DES LIEUX

Quatre sessions d'initiation à la plongée éthique et participative sont prévues cette saison à Rangiroa, dans le cadre du programme Céta'Biosphère mené en partenariat avec l'ONG Objectif Sciences International. Un premier stage a démarré le 25 juin avec Béatrice, Claire et Dominique. Les plongées, effectuées en collaboration avec le Raie Manta Club, ont permis de collecter de premières données sur le comportement des grands dauphins de la zone de Tiputa. Le groupe des résidents a connu quelques remaniements depuis l'année dernière. Aucun nouveau petit n'a été recensé chez ces animaux tandis qu'un jeune de l'année au moins a été observé parmi les semi-résidents. Nous constatons également la disparition de Muffin, le jeune péponocéphale adopté, depuis son échouage et sa remise à l'eau en avril par des habitants de l'île.

À noter également la généralisation du « touching », puisque tous les centres de plongée de Rangiroa s'adonnent aujourd'hui à ces pratiques. Trois dauphins sont actuellement concernés par divers types de manipulations, y compris de jeunes individus. Le durcissement récent de la réglementation concernant l'approche des mammifères marins en Polynésie ne devrait malheureusement rien changer à l'affaire. Les conséquences de tels débordements ont pourtant été documentées à maintes reprises et depuis plusieurs dizaines d'années, notamment en Australie et aux États-Unis. Espérons qu'un écotourisme réel et de qualité puisse voir le jour à Rangiroa, zone pourtant propice à une observation respectueuse et éducative des mammifères marins.

Parallèlement au déroulement de notre travail sur les grands dauphins Thomas, qui nous avait déjà rejoint aux Marquises et aux Tuamotu, accomplit la dernière semaine de tournage nécessaire à la réalisation de son documentaire « Aux Frontières du Sauvage » sur les relations de notre espèce avec le monde naturel. Meilleurs voeux, Thomas !

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


6 juin 2018

CAP SUR RANGIROA : VOYAGE AU CENTRE DE LA MER

Après Tahuata, dernière Marquise à nous éblouir, cap sur RangiroaDominique, Béatrice et Claire doivent nous rejoindre pour la première session 2018 de Céta’Plongée. Avec Thomas Trapier, qui nous suit au quotidien et pour quelques semaines à travers l’oeil de sa caméra, nous prolongeons notre traversée Marquises-Tuamotu par une pause dans l’atoll désert de Tahanea, que nous touchons après quatre jours et demi d’une traversée hors du temps, et stationnons à Fakarava le temps de ravitailler. Pas d'orques ou d'autres globicéphalinés observés lors de ces 600 milles nautiques parcourus mais l'observation de plusieurs groupes de « petits » dauphins et d'une rarissime pastenague violette.

Enfin Rangiroa, où nous attendent les grands dauphins et nos « volontaires » pour le suivi sous-marin qui se tiendra de juin à août. Au programme de ces quatre prochaines sessions : apprendre à distinguer au quotidien le comportement naturel ou affecté d’un dauphin sauvage, identifier les individus, pratiquer des prises de vues sous-marines, s’adapter au rythme de l’observation naturaliste, s’initier à l’analyse comportementale.

Cette année, c’est le Raie Manta Club qui sera à nouveau le partenaire de Céta'Plongée et du GEMM à Rangiroa. Un retour aux sources qui promet de belles plongées avec Yves Lefèvre, Livia Ravel, Franck Rodulfo et Mako.

Une parenthèse bleue pour nos intrépides volontaires et, nous l’espérons, la source d’une vision plus nette de l’univers des dauphins sauvages.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


31 mai 2018

NOUVELLE RÉGLEMENTATION CONCERNANT L'APPROCHE DES MAMMIFÈRES MARINS EN POLYNÉSIE : BONNE OU MAUVAISE NOUVELLE POUR LES CÉTACÉS ?

Il est aujourd’hui interdit, en Polynésie française, d’approcher les baleines et les dauphins dans les lagons, dans certaines baies, dans les passes et dans un rayon d’un mille nautique autour de leur axe. Une mesure qui pourrait effectivement être favorable aux cétacés et à leurs écosystèmes pour peu qu’elle soit réellement appliquée et correctement expliquée aux plaisanciers et autres admirateurs des mammifères marins mais également utilisée comme moyen de moraliser le comportement des opérateurs touristiques.

Car les nouvelles règles ne doivent leurrer personne : ce ne sont pas les plaisanciers mais les activités commerciales qui génèrent aujourd’hui les plus graves sources de pression, d’agressions et de mortalité sur les cétacés sauvages de Polynésie, à savoir :

- Les collisions entre les ferries reliant Tahiti et Moorea et les baleines à bosse en saison.
- Les conflits entre cétacés à dents et pêcheurs.
- Les harcèlements et perturbations comportementales générés par certaines pratiques commerciales (sorties garanties, habituation, touching, etc.).

Et même si l'on considère cette décision dans son strict domaine touristique, comment pourra-t-elle concrètement empêcher les jets-skis et autres embarcations à moteur d’essayer des records de vitesse dans les passes, les plaisanciers de prétexter que ce sont les cétacés qui viennent les chercher, les opérateurs commerciaux de traquer les animaux les plus faciles à approcher et, par le jeu subtil des autorisations / dérogations / interprétations, de faire entériner les pratiques qui les arrangent ?

Des défauts qui auraient certainement pu être réduits si la loi avait été élaborée en concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, associations et organisations naturalistes, scientifiques et juridiques travaillant parfois depuis plusieurs dizaines d’années sur le sujet, et qui vont devoir tenter de réparer seuls les futurs dégâts occasionnés par cet autisme administratif. Mais par dessus tout, une belle occasion ratée d'accompagner un indispensable débat polynésien concernant les problèmes d’appropriation et d’exploitation de l’océan et de ses habitants au fenua.

À suivre donc...

L'équipe du G.E.M.M.


28 avril 2018

LANCEMENT D'UNE ÉTUDE PRÉLIMINAIRE SUR LA DÉPRÉDATION EN POLYNÉSIE FRANÇAISE

Avec l'accueil de Juliette Biquet, qui travaillera pendant six mois sur la question des déprédations liées à la pêche palangrière thonière en Polynésie française, le GEMM, le CRIOBE et le programme français ORCADEPRED unissent leurs efforts pour mieux connaître l'impact des activités de pêche sur les mammifères marins polynésiens. Nous remercions la DRMM pour son soutien ainsi que l'armateur Siu, qui a accepté d'accueillir Juliette sur ses bateaux de pêche.

La déprédation par les mammifères et autres prédateurs marins tels que les requins, tortues ou calmars est définie comme l'enlèvement partiel ou total d'appâts ou de prises sur du matériel de pêche ou la capture de prises potentielles à proximité d'une ligne de pêche. Décrit dès 1952 dans les eaux japonaises et dès les années 1960 dans le Pacifique sud, ce type de confit entre pêcheurs et prédateurs marins est aujourd'hui observé partout dans le monde et concerne quasiment tous les types de pêche. Son augmentation pose des problèmes d'ordre économique pour les armateurs et les équipages et d'ordre écologique pour les animaux impliqués, qui peuvent être victimes de prise accidentelle ou d'un retour agressif de la part de certains pêcheurs.

Aux niveaux côtiers et hauturiers, des capitaines et membres d'équipage polynésiens nous rapportent depuis de nombreuses années la présence plus ou moins régulière de mammifères marins à proximité des lignes de pêche ainsi que des cas de déprédation par différentes espèces de cétacés dont les « globicéphales ». Ce problème est donc bien présent dans les eaux polynésiennes mais mal connu et constitue un enjeu important de conservation des prédateurs apicaux et de préservation des intérêts des pêcheurs. L’objectif principal de l’étude menée par Juliette est de mieux appréhender la problématique actuelle de la déprédation, qu’elle provienne des requins ou des cétacés, et de mettre en place des outils de suivi. Accessoirement et à long-terme, des transferts de savoir-faire et mesures d’atténuation pourraient être appliquées à la Polynésie.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


10 avril 2018

NAGER AVEC LES DAUPHINS SAUVAGES : TRÊVE ÉCOLOGIQUE OU POLLUTION COMPORTEMENTALE ?

Nikki est une femelle grand dauphin (Tursiops truncatus) qui vit avec sa tribu entre le bleu infini de l’océan tropical et la grande respiration marine de la passe de Tiputa, à Rangiroa, le plus grand atoll de Polynésie française. Son monde est un monde aquatique, une planète avec ses règles, ses joies et ses dangers, que sa communauté habite depuis toujours.

Mais depuis une trentaine d’années, de drôles de créatures à bulles se sont mises à peupler son univers et, aujourd’hui, ce sont parfois près de 200 plongeurs qui prétendent quotidiennement avoir un rapport unique et exceptionnel avec ce dauphin au nom changeant : « Nikki », « Touch Me », « Lola », « Gratouille » ou « Trésor », selon la culture personnelle du candidat. Il n’est guère surprenant que toute cette agitation finisse par générer des comportements qui, pour certains, n’ont jamais été observés chez des dauphins en milieu naturel…

Lire la suite de ce bel article publié par le Groupe d'Étude des Mammifères Marins sur le site Défi Écologique.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


Tursiops truncatus

 

 

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