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G.E.M.M. - Groupe d'Étude des Mammifères Marins de Polynésie
Photo Pamela Carzon

 

 

LES POINTS ESSENTIELS

Pour le bien-être des cétacés et votre sécurité

  • Il est interdit de chercher à apprivoiser, nourrir, toucher ou agripper les animaux.

  • La limite d'approche volontaire des baigneurs et des plongeurs est de 30 mètres. Si les animaux la franchissent, conserver impérativement une distance de sécurité au moins égale à la longueur de l'animal concerné.

  • La vitesse maximale d'approche est de 3 noeuds dans un rayon de 300 mètres autour des animaux.

REPÉRER LES BALEINES ET LES DAUPHINS

De la terre

Un endroit élevé donne une vue imprenable sur l'océan. Par temps calme, il est facile de repérer des cétacés à des kilomètres : un remous, un souffle, un bateau au comportement étrange sont autant d'éléments qui peuvent trahir leur présence. Une bonne paire de jumelles peut servir à s'en assurer et éventuellement à identifier l'espèce.

D'un bateau

Plus votre position est élevée, plus elle est efficace. Une mer peu agitée garantit également les observations, inutiles au-delà de 4 Beaufort. Il est préférable de se répartir les directions d'observation afin de couvrir l'horizon sur 360°.

 

APPROCHER LES BALEINES ET LES DAUPHINS

Un whale-watching excessif peut nuire aux cétacés en étant source de perturbation et de stress pour les mammifères dérangés pendant leurs périodes de chasse, de reproduction, de repos et d’interactions sociales. Lorsqu’ils sont harcelés par des bateaux, baleines et dauphins ont un comportement affecté. Il est alors possible d’observer des changements de route, des modifications du rythme respiratoire (rapport entre le temps passé à la surface et le temps de plongée), certaines exubérances (souffles en trompette, coups de queue). Le harcèlement peut entraîner la fuite ou la panique. À vous de suivre votre bonne morale en respectant les cétacés. Quelques règles simples permettent de préserver une rencontre.

Avant l'approche, identifier l'espèce et prévoir sa réaction à votre encontre en essayant de définir l’activité du moment (en cas d'accouplement, de nursing, d’alimentation, de chasse ou d'agitation, mieux vaut rester à distance). C'est lors de cette phase que les animaux prennent conscience de la présence du bateau et ce sont surtout eux qui vont décider de la suite de l’observation. Si les animaux sont en déplacement, évoluer à vitesse très lente (maximum 3 noeuds dans un rayon de 300 mètres) et parallèlement à eux, afin que le bateau ne soit pas perçu comme un poursuivant et de manière à susciter leur curiosité. Les dauphins sont souvent plus réactifs que les baleines à l’approche d’un bateau.

Photo Alain Portal

Chercher l'éventuelle présence de bébés (les adultes peuvent être plus agressifs en compagnie de petits). Les nouveaux-nés manquant d'autonomie, il faut éviter la tentation du harcèlement qui conduit à la plupart des accidents connus entre observateurs et observés. Ne jamais leur couper la route ou s'intercaler entre deux animaux. Stopper le bateau à minimum 30 mètres pour les dauphins, 50 mètres pour les baleines. L’observation dépendra alors du type de réaction que la présence du bateau entraîne chez les animaux. On peut simplifier en constatant cinq attitudes : la fuite, l’évitement, l'intimidation, la curiosité ou l’indifférence. Si les animaux cherchent à vous éviter ou vous intimider n'insistez pas, restez à distance et attendez qu'ils acceptent votre présence. Forcer une interaction ou surprendre les animaux (particulièrement les baleines), tenter de les « coincer » en jouant sur la topographie des lieux, sont des comportements interdits qui donnent des résultats pitoyables, voire dangereux de part et d'autre.

Cétacés à l'étrave

Lorsque des cétacés rejoignent volontairement l’étrave du bateau :

  • Conserver sa route et sa vitesse.

  • Ne surtout pas tenter de toucher les animaux, directement ou à l'aide d'un instrument.

  • Ne pas crier et ne pas taper sur le bateau.

Plusieurs bateaux sur zone

Les cétacés ne parviennent pas à gérer la proximité de plusieurs bateaux. Afin de minimiser le dérangement, un seul bateau doit se trouver dans le secteur d’observation (zone des 300 mètres). Les autres embarcations doivent se mettre en attente à l’extérieur du secteur. Par correction, il n'est pas conseillé de dépasser 15 minutes d'observation par embarcation. Rester groupé afin de ne jamais encercler les animaux.

Interrompre l'observation

Ne pas enclencher le moteur tant que l'animal n'est pas visible en surface et à moins de 100 mètres du bateau. S'éloigner à vitesse très lente sur 300 mètres au minimum. La direction du bateau abandonnant une observation doit être franche et ne laisser aucun doute à l’animal.

 

NAGER AVEC LES BALEINES ET LES DAUPHINS

Selon les arrêtés 622 et 624 CM du 13 mai 2002, il est autorisé de nager avec les cétacés dans la limite d’un rayon de trente mètres. Cependant, dans la mesure où l'animal s’approche de lui-même du bateau, il est possible de dépasser cette limite en ayant à l'esprit quelques règles simples :

  • Ne pas plonger en bouteilles.

  • Ne pas s'approcher seul des animaux (des requins océaniques suivent parfois les cétacés).

  • La mise à l'eau se fait lentement et sans bruit.

  • Nager très calmement sans faire d'écume, les bras le long du corps.

  • Approcher les animaux de trois-quart arrière.

  • Ne pas chercher à apprivoiser, nourrir, toucher ou agripper les animaux.
  • Conserver impérativement une distance de sécurité au moins égale à la longueur de l'animal concerné.

  • Ne pas crier.

  • Ne pas faire d’apnées directes.

  • Ne pas se mettre entre une mère et son petit.

 

Photo Pamela Carzon

 

 

POURQUOI EST-IL IMPORTANT DE RESPECTER CES RÈGLES ?

D'abord pour votre sécurité. À Hawaï, 33 collisions avec des baleines ont eu lieu entre 1975 et 2005. Les pics atteignaient trois accidents par an jusqu'à 2005-2006. Des accidents ont également lieu dans les eaux polynésiennes mais leur fréquence exacte nous est inconnue. À Rangiroa, des grands dauphins mâles de plusieurs centaines de kilos, Tursiops truncatus, chargent régulièrement les plongeurs, illustrant ainsi leur dominance ou leurs frustrations. De plus, en présence de cétacés, les baigneurs et plongeurs ont tendance à oublier les règles élémentaires de sécurité. Gardez à l'esprit qu'il s'agit d'animaux sauvages et qu'il est par exemple aberrant de tenter de caresser un lion ou un éléphant lors d'un safari en Afrique.

Ensuite, l’observation des cétacés peut leur nuire. Qui dit nuisance dit fuite. À force d’être harcelés, les baleines ou les dauphins peuvent migrer vers une zone moins propice à leurs activités. Considérez que l’approche volontaire signifie « bienvenue chez moi, apprenons à nous connaître » mais que la fuite ou un changement de comportement indique un dérangement qui peut porter atteinte au bien-être des animaux à long-terme. Une étude de six ans démontre le sombre impact du dolphin-watch sur les populations de grands dauphins, Tursiops aduncus, de Shark Bay, en Australie. Les dauphins assaillis par le tourisme ont un taux de reproduction plus faible que leurs cousins et 15% des individus ont quitté la zone en quatre ou cinq ans. De plus, les mères occupées à se nourrir auprès des hommes délaissent leurs petits qui peuvent être dévorés par des requins.

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Tursiops truncatus

 

 

G.E.M.M.